Surveillance du haut des airs : quoi de mieux pour combattre les agents agresseurs des cultures!

Grâce à l’imagerie par drone, les producteurs peuvent économiser de l’argent et améliorer leurs rendements en faisant cartographier leurs champs à la recherche de zones soumises à des agents agresseurs.

Par Jane Robinson

Peterborough – Ce qui ne devait être au départ qu’un simple retour à la ferme familiale ontarienne pour Norm Lamothe s’est transformé en une avancée importante sur le plan des techniques de surveillance des cultures mises à la disposition des producteurs canadiens.

M. Lamothe a abandonné une carrière de dix ans dans l’industrie aéronautique pour devenir l’exploitant de 6e génération d’une ferme familiale située près de Peterborough. En 2015, encouragé par un producteur voisin, M. Lamothe a acheté son premier véhicule aérien sans pilote (UAV) ou drone. Il avait alors déjà convaincu un petit groupe de producteurs de la région de faire survoler un bloc de parcelles au moyen de la nouvelle technologie et de partager le risque d’investissement.

« Nous avons rapidement entrevu les possibilités d’économies d’argent et de hausses de rendement pour les producteurs qui feraient appel à nous pour faire cartographier leurs champs à la recherche de zones soumises à des agents agresseurs », explique M. Lamothe.

La nouvelle s’est répandue à une vitesse folle. M. Lamothe avait déjà commencé à étendre ses activités à l’ensemble de l’Ontario lorsqu’une rencontre fortuite avec M. David MacMillan a propulsé aux sommets sa toute jeune entreprise d’imagerie par drone. M. MacMillan travaillait pour une société minière appelée Deveron qui cherchait à prendre de l’expansion dans le secteur de l’imagerie par drone.

M.Lamothe et M. McMillan ont créé Deveron UAS, une nouvelle entreprise ontarienne se spécialisant dans la prestation de services d’imagerie par drone au secteur agricole partout en Amérique du Nord. Avec ses 15 pilotes et leurs drones, l’entreprise fournit des services de surveillance aérienne aux producteurs de l’Alberta, des provinces maritimes et même de certaines régions des États-Unis.

Pour la première fois, les producteurs peuvent utiliser l’imagerie par drone pour prendre des décisions en cours de saison concernant leurs cultures.

« Nous pouvons survoler 100 acres en 20 minutes. Les renseignements recueillis sont plus précis que ceux obtenus en parcourant les rangées, car nous avons une vue d’ensemble du champ », ajoute M. Lamothe. « Nous mesurons les agents agresseurs à l’aide d’une imagerie multispectrale, ce qui nous permet de voir des choses que nous ne pouvons pas voir à l’œil nu. »

Grâce à l’information tirée des images saisies par drone, les agronomes et les dépisteurs sur le terrain peuvent se concentrer sur les zones où les plantes sont soumises aux agents agresseurs les plus importants, puis formuler des recommandations et proposer des modifications sur la fertilité, la pression exercée par les ravageurs ou les maladies et même l’utilisation de l’eau.

La technologie se prête à l’épandage d’engrais à taux variable et c’est là où, selon M. Lamothe, les producteurs de maïs et de blé obtiennent le meilleur rendement du capital investi.

« Nous survolons un champ, prenons une image et une ordonnance est rédigée à partir des images saisies », dit-il.

Le producteur applique ensuite juste ce qu’il faut d’azote dans les différentes parties du champ. Dans les cultures maraîchères à grande valeur ajoutée, le rendement du capital investi est similaire en ce qui concerne la fertilité ainsi que la détection d’infestations par les ravageurs et d’éclosions de maladies.

« La technologie a fait ses preuves : elle augmente le rendement et réduit le coût des intrants, ceux-ci étant combinés et utilisés d’une manière optimale sur le terrain pour combattre les agents agresseurs », explique M. Lamothe.

Deveron s’est récemment associé à The Climate Corp pour offrir aux producteurs une nouvelle option quant à la méthode et au lieu de stockage des données générées par l’imagerie par drone.

« L’efficience deviendra une nécessité dans les exploitations agricoles qui prennent de l’expansion et qui ont du mal à dénicher du personnel et à le conserver », conclut M. Lamothe. « La technologie d’imagerie par drones jouera un rôle important en permettant aux producteurs de prendre des décisions éclairées qui les aideront à produire plus d’aliments sur de moins grandes superficies. »

Image: Norm Lamothe