Le quinoa cultivé en Ontario est sur le point d’être commercialisé

Le quinoa culitvé en Ontario

Le quinoa culitvé en Ontario

La demande pour le quinoa, un super aliment recherché pour ses bienfaits pour la santé, dépasse largement l’offre. Une très grande partie du quinoa vendu actuellement au Canada est importé de l’Amérique du Sud, principalement de la Bolivie.

Maintenant, le quinoa cultivé en Ontario – prononcé KEEN-wah – pourrait se retrouver bientôt sur le marché.

Jamie Draves, président-directeur général de Katan Kitchens, en partenariat avec des collaborateurs de l’industrie, ont mené des travaux de recherches au cours des quatre dernières années pour aider à établir le quinoa comme une culture viable en Ontario, et ils sont sur le point de voir ce rêve devenir réalité.

Cette année, 15 agriculteurs dans l’ensemble de la province, de l’est à l’ouest et même loin au nord, cultivent les trois à quatre variétés qui ont démontré par les recherches être les plus prometteuses pour obtenir de bons résultats avec les sols et le climat ontarien.

Jamie Draves de Katan Kitchens

Jamie Draves de Katan Kitchens

Cela fait partie d’un projet d’une durée de 30 mois mené par Draves et Value Chain Management International basée à Oakville, pour la mise en place de meilleures pratiques de gestion et de contrôle de la qualité pour le quinoa cultivé en Ontario.

Depuis des milliers d’années, le quinoa est un aliment culinaire de base en Amérique du Sud. Bien que n’étant pas une culture céréalière, le quinoa est utilisé comme une céréale et est considéré comme une plante riche en protéines.

Le quinoa se développe bien en climat frais et en sol marginal, il est riche en nutriants et en antioxydants, en plus d’être un régime sans gluten idéal.

« Normalement, nous ne faisons pas un lien entre l’Amérique du Sud et l’Ontario, mais le quinoa est cultivé dans les Andes où ils ont des journées chaudes et des nuits fraîches similaires aux nôtres », indique Draves. « C’est le temps humide et pluvieux qui réduit le rendement. »

Les plantes de quinoa sont résistantes au froid (jusqu’à -6 oC) et elles ont un seuil de tolérance élevé contre le gel et la sécheresse.

Draves, a connu cette culture en 2007 lorsqu’un grave problème de santé l’a contraint à complètement modifier ses habitudes et son régime alimentaires.

Des problèmes de qualité et d’approvisionnement peu fiables, ainsi que les coûts et les défis associés à l’importation de cette culture de l’Amérique du Sud, l’ont poussé à expérimenter pour savoir si le quinoa pouvait être cultivé avec succès ici, en Ontario.

Les graines de quinoa

Les graines de quinoa

Après plusieurs années de recherches avec des partenaires comme le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) et l’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario (OSCIA), Draves indique que les variétés développées par reproduction naturelle en Ontario ont une teneur en protéines, en fer, en magnésium et en cuivre plus élevée que les variétés retrouvées en Amérique du Sud.

Il espère que cela mènera à un quinoa cultivé en Ontario de première qualité; un quinoa très prisé auprès des marchés des aliments fonctionnels.

De manière à ce que le quinoa puisse être perçu comme un aliment de qualité alimentaire, il doit être traité pour en éliminer la saponine, ce qui lui donne un goût amer, en plus d’être un digestif irritant doux.

C’est la raison pour laquelle Draves se retrouve aux étapes finales quant à la mobilisation de capitaux pour la mise en place d’une installation de traitement de quinoa basée en Ontario; bien qu’un emplacement final n’ait pas encore été choisi, il indique que cela sera vraisemblablement dans le nord de l’Ontario.

L’installation est censée être opérationnelle pour la récolte de 2015.

La demande pour le quinoa s’est accrue de 500 % au cours des dernières années et bien que l’offre ait augmenté de 200 %, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des Nations Unies prévoit qu’il faudra encore sept ans avant que la production mondiale du quinoa puisse répondre à la demande.

Draves prévoit que la production ontarienne atteindra 2 % de cela – un volume qui ne nuira pas au moyen de subsistance des agriculteurs de l’Amérique du Sud.

« Nous croyons fermement en la chaîne de valeur pour le quinoa et à laisser les gens de la chaîne se concentrer sur ce qu’ils savent faire le mieux », indique Draves; il ajoute qu’il souhaite établir des relations durables avec les agriculteurs et autres intervenants. « Nous avons appris que les agriculteurs désirent avoir des semences et certaines directives pour la croissance, et par la suite, les remettre après la récolte. »

Le plan quinquennal de Katan Kitchen prévoit environ 8 000 acres de quinoa pour la production ontarienne, Draves s’attend à dépasser ce nombre.

Grâce à la recherche, ils ont identifié un potentiel de 113 000 acres dans la province – des terres de classe deux et de classe trois non utilisées pour cultiver le maïs en ce moment et qui seraient adaptées pour la production du quinoa.

« C’est une goutte d’eau dans l’océan pour les cultures de l’Ontario; toutefois, le rendement est maintenant suffisant pour qu’elles puissent remplacer les autres cultures pour les producteurs », mentionne Draves.

Le projet de quinoa actuel de Katan Kitchen et de Value Chain Management International est appuyé par l’Institut de recherche agricole de l’Ontario ainsi que par l’entremise du Programme de nouvelles orientations de recherche du Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario.

Draves donne également crédit pour leur soutien continu à MaRS Innovation, Innovation Initiatives Ontario North, Innovation Guelph, le Conseil de l’adaptation agricole, l’OSCIA et l’Ontario Agri-Food Technologies (technologies agroalimentaires de l’Ontario) pour leur aide à faire avancer la vision du quinoa cultivé en Ontario.