Le panic raide peut remplacer la paille de blé dans la culture des champignons

MushroomBed - webPar Lilian Schaer pour AgInnovation Ontario

Guelph – Les producteurs de champignons de l’Ontario peuvent utiliser le panic raide en remplacement de la paille de blé pour faire pousser leurs cultures, et ce, sans en amoindrir le rendement ou la qualité, tout en réduisant leurs coûts de production.

C’est la conclusion d’un projet de recherche mené par l’organisme Mushrooms Canada et financé par le Programme ontarien d’innovation agricole (POIA).

« Les producteurs de champignons de l’Ontario sont à la croisée des chemins en ce qui concerne l’accès aux matières premières utilisées comme support (ou substrat) de croissance pour les champignons, de sorte qu’il est crucial de trouver des matières de substitution », explique Ryan Koeslag, directeur général de Mushrooms Canada.

Les matières premières habituelles sont la paille de blé, la litière pour volailles, la litière d’écurie, le gypse et l’eau. Pour obtenir une production maximale de champignons, le substrat doit contenir à la fois une source de carbone (paille de blé, foin ou litière d’écurie) et de l’azote provenant de la litière pour volailles ou de la litière d’écurie.MixingSubstrate - web« Depuis 2012, la paille de blé se fait rare parce que les producteurs produisent moins de blé qu’avant et utilisent des variétés à tiges courtes, qui donnent moins de paille. La litière pour volailles est de plus en plus utilisée comme engrais, et il y a pénurie de litière d’écurie parce l’industrie des chevaux de course est en déclin », ajoute M. Koeslag.

Toutefois, le panic raide, une graminée vivace indigène, pourrait remplacer la paille de blé dans la production de champignons, et on a mené une série d’essais au champ à l’automne 2014 en utilisant des concentrations de 15, 30 et 40 % de panic raide dans le substrat.

Dans un substrat contenant 40 % de panic raide, la production de champignons a représenté entre 91 et 120 % de la production obtenue dans un substrat constitué uniquement de paille de blé, et l’ensemble des récoltes de panic raide correspondait aux récoltes normales d’herbe de blé, montre l’étude.

Par ailleurs, on n’a constaté aucune différence marquée dans la qualité des champignons produits dans un substrat à base de panic raide comparativement à ceux qui sont produits dans un substrat à base de paille de blé.

« À la lumière des observations effectuées durant l’étude, nous avons établi que la substitution de la paille de blé par le panic raide dans le substrat de croissance des champignons dans une proportion allant jusqu’à 40 % n’a aucun impact sur la quantité ou la qualité des champignons récoltés, indique M. Koeslag. Cela crée de nouveaux débouchés pour nos producteurs, ainsi que de nouveaux marchés possibles pour les producteurs de panic raide de l’Ontario. C’est donc dire que tout le monde en sortirait gagnant. »Switchgrass - webUne fois établi et bien entretenu, le panic raide atteint son niveau de production maximal au cours de la troisième saison de croissance et demeure productif pour une période indéterminée. Il est récolté à l’automne et est mis en balle immédiatement, ou alors on le laisse au champ pour l’hiver et on le met en balle le printemps suivant.

Le panic raide peut aussi être utilisé pour la production de biogaz, pour la production d’électricité et de chaleur par thermoconversion pour différents marchés agricoles et énergétiques, et comme source potentielle de fibre pour la production de pâtes et papiers et de litière pour le bétail.

Enfin, les pastilles de combustible à base de panic raide peuvent être utilisées à la ferme pour le chauffage des serres et des bâtiments d’élevage, ainsi que pour le séchage du maïs.

L’Ontario représente 50 % de la production annuelle canadienne de champignons, qui s’établit à 91 000 tonnes; la consommation nationale est d’environ 1,6 kilogramme par personne par année.

Le Programme ontarien d’innovation agricole est financé par l’initiative fédérale-provinciale-territoriale Cultivons l’avenir 2 (CA2). Le Conseil de l’adaptation agricole participe à l’exécution de CA2 en Ontario.

Images: Mushrooms Canada