La recherche contribue à donner aux vins de l’Ontario une reconnaissance mondiale

Par Tiffany Mayer

St. Catherines (Ontario) – Le verre est à moitié plein quand il s’agit de recherche en matière de raisin et de vin en Ontario. Mais il se remplit de plus en plus grâce aux recherches menées par l’Institut Cool Climate Oenology and Viticulture (CCOVI) de l’Université Brock.

Créé en 1996 en partenariat avec les Grape Growers of Ontario, le Wine Council of Ontario et la Winery and Grower Alliance of Ontario, l’institut de recherche s’est penché sur plusieurs enjeux importants liés à la viticulture et à la production du vin, rehaussant du même coup la renommée de la boisson locale vers un niveau international.

Cela a permis ainsi de s’attaquer aux effets néfastes de la coccinelle asiatique qui, présente dans les grappes, sécrète une substance pouvant altérer la vendange et modifier les riches arômes du vin lors de son processus de fermentation. Il a fallu consacrer vingt années de recherche à la production de vin de glace et à son appellation réservée pour en assurer l’authenticité des versions canadiennes du nectar sucré.

Les effets du changement climatique sur le raisin étant de plus en plus présents, la production de vin mousseux, le resvératrol et l’industrie vinicole ontarienne retiennent l’attention des chercheurs du CCOVI dans l’intérêt des viticulteurs et des producteurs de vin de l’Ontario.

Grâce à un financement de près de 2 millions de dollars versés conjointement par la Fondation canadienne pour l’innovation et le Fonds de recherche de l’Ontario, le CCOVI créera son tout premier laboratoire sur la consommation de vin en réalité augmentée, virtuelle et sensorielle, l’Augmented Reality, Virtual Reality and Sensory Reality Consumer Laboratory. R3CL sera le premier laboratoire de recherche permettant aux chercheurs d’évaluer le comportement des consommateurs de vin en temps réel, et de mieux comprendre leur processus décisionnel à travers divers facteurs sonores, olfactifs et visuels.

Les recherches menées par le CCOVI sont si importantes pour l’industrie qu’une étude d’impact économique a chiffré à 91 millions $ annuellement sa contribution à l’économie ontarienne. Les retombées de leur recherche permettent également de créer chaque année l’équivalent de plus de 300 emplois.

Les plus importants progrès réalisés découlent directement des recherches menées en climat froid et de son programme VineAlert, qui permet d’envoyer des alertes de temps froid et d’informer les viticulteurs afin qu’ils puissent protéger adéquatement leurs vignes contre les dommages causés par le froid à l’aide de ventilateurs ou d’autres techniques.

En 2014-2015, le programme VineAlert a permis d’épargner un peu plus de 7 millions $ en pertes de récolte, qui se sont traduites par des ventes de vins d’environ 74 millions de dollars.

Mais le travail du CCOVI et de son équipe de scientifiques, sous la direction de Debbie Inglis, ne s’arrête pas ici.  L’institut aspire à devenir le centre canadien d’excellence en matière de viticulture en climat froid, d’œnologie, d’entrepreneuriat, de normalisation et de culture vinicole ayant pour mandat de faire progresser l’industrie, non pas uniquement au niveau local, mais aussi à l’échelle nationale.

L’audacieux programme VineAlert du CCOVI a été lancé partout au Canada grâce à des partenaires de Summerland, en Colombie-Britannique, et de Kemptville, en Nouvelle-Écosse.  Le matériel et les méthodes d’essai pour évaluer la résistance au froid sont présentement testés dans les deux provinces.

« Nous espérons être en mesure de déployer le programme VineAlert dans l’ensemble du pays dès l’année prochaine », a indiqué Mme Inglis.

Le Fizz Club, un réseau qui offre des possibilités de perfectionnement, de partage de connaissances et de recherches auprès des producteurs de vin mousseux a également pris une dimension nationale en 2017.  De plus, le CCOVI travaille à l’élaboration d’un programme de certification « Clean Plants » visant à approvisionner l’industrie viticole avec des plants plus sains et exempts de maladies.

« L’impact de nos recherches a été plus marqué en Ontario, mais commence de plus en plus à se faire sentir ailleurs au Canada », conclut Mme Inglis.

Images: CCOVI Brock University, AgInnovation Ontario