La propagation des plants – moins coûteuse et plus rapide

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Dr. Max Jones du « Gosling Institute » à l’Université de Guelph.

Des recherches sont en cours à l’Université de Guelph pour voir avec quelle rapidité et efficacité les plants peuvent être reproduits.

Le Dr Praveen Saxena et le Dr Max Jones, du Gosling Research Institute pour la conservation des plants (GRIPP), dirigent les travaux ayant trait à la micropropagation, ce qui implique de mettre au point la technologie et les techniques pour fournir des matériels végétaux exempts de maladies pour les cultures horticoles canadiennes comme celles des pommes et des noisettes.

« Lors de la micropropagation d’un arbre, nous développons un petit morceau de tissu en pousse, qui par la suite est transféré à un milieu propice à l’enracinement et mis en serre jusqu’à ce qu’il puisse être vendu en tant qu’arbre ou porte-greffe », explique le Dr Jones, en ajoutant que les pomiculteurs de l’Ontario utilisent actuellement environ un million de porte-greffes, la base sur laquelle les arbres sont greffés, par année dont la majorité sont importés des États-Unis et de l’Europe.

apples being planted - web« L’avantage de la micropropagation est une multiplication rapide de matériel végétal exempt de maladies. Avec la technologie de la culture de tissus, nous pouvons obtenir cinq ou six cycles d’arbres par année, ce qui est beaucoup plus rapide que d’utiliser les méthodes traditionnelles », ajoute-t-il.

L’équipe du GRIPP, qui comprend également l’associé en recherche M. Mukund Shukla, vient de faire une présentation réussie à l’Université de Guelph à l’occasion du programme de 2015 Grypon’s LAAIR (Leading to Accelerated Adoption of Innovative Research) – une version sur campus similaire à Dragon’s Den – en vue d’un financement pour faire en sorte que la micropropagation soit plus rapide, moins dispendieuse et plus pratique.

Ils expérimentent avec un liquide au lieu de culture tissulaire à base de gel, ce qui accroît le volume des plants pouvant être produits.

Les récipients classiques et un type d’unité de rayonnage qui balance les récipients contenant les cultures tissulaires sont dispendieux, 20 $ par récipient et jusqu’à 20 000 $ pour un système de balancement, en plus de ne pas être facile à utiliser.

« Les récipients ont une très petite ouverture qui se contamine facilement et ils ne peuvent pas être mis dans le lave-vaisselle, de sorte que vous devez payer quelqu’un pour les nettoyer puisqu’ils doivent tous être stérilisés », explique le Dr Jones.

VRE Greenhouse Systems de Grassie en Ontario est à revoir la conception du système de balancement afin qu’il soit plus robuste, qu’il contienne davantage de plants et qui coûte deux tiers du prix actuel.

Le Dr Jones et ses collègues travaillent sur des prototypes de récipients révisés qui sont complètement ouverts, qui peuvent aller au lave-vaisselle et qui peuvent accepter des inserts permettant aux plants d’être immergés dans différents niveaux de liquide de culture.

Le Dr Jones indique qu’ils impriment des exemples de récipients avec une imprimante 3-D du laboratoire, ce qui leur permet d’améliorer la conception à des coûts relativement faibles avant d’entreprendre la production d’échantillons à l’aide de la technologie de moulage par injection, laquelle s’avère très dispendieuse lorsqu’utilisée pour la création de prototypes.

Harster Greenhouses dans Dundas commencera à faire l’essai du nouvel équipement cet automne et fournira des commentaires, à l’équipe GRIPP, sur la façon dont les prototypes s’exécutent dans un contexte commercial.

« Un partenariat avec l’industrie est important, car nous voulons nous assurer que ce que nous sommes en train d’élaborer répondra à leurs besoins », indique le Dr Jones. « L’objectif à long terme est de faire en sorte que cette technologie puisse répondre à nos besoins de propagation et pour donner aux producteurs canadiens un avantage en produisant des porte-greffes exempts de maladies, plus rapidement et efficacement. »

Au Canada, des travaux de micropropagation sont en cours avec les pommes et les noisettes, où l’accent est mis sur le développement d’arbres résistants à la brûlure orientale du noisetier.

DSC01345webÀ l’échelle internationale, la technologie a l’application la plus répandue avec les bananes et les cannes à sucre; toutefois, elle pourrait également être utilisée pour la conservation des plants afin d’aider à rétablir les espèces végétales en voie de disparition.

Le programme Gryphon’s LAAIR est appuyé par l’initiative fédérale-provinciale-territoriale Cultivons l’avenir 2.

L’allocation des fonds de démarrage pour les travaux de micropropagation du GRIPP a été fournie par la fondation Gosling Foundation, un fonds de capital de risque pour l’environnement qui identifie et appuie les démarrages stratégiques, le leadership, la collaboration et les partenariats.