La culture du gombo, une avenue intéressante pour les agriculteurs canadiens

Par Lilian Schaer

Vineland – La culture du gombo pourrait s’avérer intéressante pour les agriculteurs qui cherchent à ajouter une nouvelle culture à leurs rotations.

Voilà ce que nous expliquent des chercheurs du Centre de recherche et d’innovation de Vineland (Centre de Vineland) qui étudient cette culture depuis les cinq dernières années. Et les résultats d’essais sur le terrain réalisés avec trois variétés de gombos au cours des deux dernières années semblent très prometteurs.

« Nous savons que le gombo peut être cultivé de façon commerciale dans le Sud de l’Ontario et qu’un rendement de 20 000 kg par hectare est envisageable », indique M. Viliam Zvalo, chercheur scientifique au Centre de Vineland.

Le Canada a importé plus de six millions de kilogrammes de gombo en 2015, une augmentation de 43 % par rapport à 2011. Il y a donc une réelle demande sur le marché pour cette nouvelle culture, un incontournable de la cuisine de l’Asie du Sud et du Sud-Est.

M. Zvalo se montre particulièrement enthousiaste envers les trois autres variétés de graines de gombos que le Centre de Vineland a obtenues de l’entreprise East-West Seeds, située en Thaïlande. Cette entreprise joue un rôle prépondérant dans le marché des semences de gombo dans des pays comme l’Inde, les Philippines, la Malaisie et la Thaïlande, les principaux producteurs mondiaux de gombo.

« Nous avons mis en terre certaines de ces variétés en juin dernier et avons été émerveillés par leur potentiel de rendement », explique-t-il. Elles pourraient très bien surpasser les variétés que nous utilisions jusqu’à présent, et nous sommes convaincus qu’elles se cultiveront très bien ici. »

Le gombo pousse bien au Canada durant les chaleurs de l’été, mais on en sait moins sur son rendement en conditions froides et humides. Toutefois, M. Zvalo croit que ces nouvelles variétés asiatiques, sélectionnées pour résister au temps plus frais durant la saison de la mousson, devraient offrir un bon rendement au Canada. De plus, une des variétés parvient plus lentement à maturité que les autres; elle n’est récoltée que tous les deux ou trois jours.

« Il faut habituellement récolter les gombos chaque jour pour éviter qu’ils ne mûrissent trop et deviennent ligneux, cette variété accorderait donc une certaine latitude aux producteurs au moment de la récolte », souligne-t-il.

Le marché du détail démontre un vif intérêt pour cette nouvelle culture; les prix aux producteurs se chiffrent en moyenne de 5,50 à 5,75 $ le kilogramme. Néanmoins, M. Zvalo croit que la clé pour réussir dans le secteur du gombo est de connaître son marché.« Les grands détaillants s’intéressent énormément au gombo produit localement, mais ils seraient peu susceptibles de traiter avec des producteurs qui ne cultivent qu’un demi-acre », souligne-t-il. « Et si vous comptez récolter et expédier vos gombos chaque jour, vous devez vous trouver à proximité d’un marché pour y vendre vos cultures à temps et à un prix concurrentiel. »

Pour ceux qui envisagent de cultiver le gombo, le Centre de Vineland offre une petite quantité de semences de chaque variété, en plus d’une assistance technique à la culture de ce légume. Ainsi, les agriculteurs ont l’occasion de voir concrètement comment les variétés se comportent dans le climat et les sols particuliers de leur région.

Selon M. Zvalo, le gombo pousse relativement bien dans les zones recevant de 2 700 à 3 300 unités thermiques de croissance. Cette année, des producteurs de l’Ontario, du Québec, de la Colombie-Britannique et du Manitoba mettent à l’essai les six variétés disponibles.

Le Centre de Vineland mène des recherches sur le gombo pour en apprendre davantage sur l’espacement optimal entre les plants, la fertilisation, l’utilisation de couvertures au début du printemps, ainsi que l’influence sur le potentiel de rendement du semis direct par opposition au repiquage. De plus amples renseignements se trouvent à l’adresse http://vinelandresearch.com/program/feeding-diversity-bringing-world-crops-market.

« Je pense que les perspectives pour le gombo s’annoncent beaucoup plus prometteuses aujourd’hui qu’il y a quelques années », conclut M. Zvalo.

La recherche sur le gombo au Centre de Vineland est financée par Cultivons l’avenir 2, une initiative fédérale, provinciale et territoriale, dans le cadre du programme Agri-innovation.

Image: AgInnovation Ontario