Des pelouses plus durables grâce à des recherches menées en Ontario

Par Tiffany Mayer

Michael Brownbridge éprouve un grand respect pour une simple pelouse.

Tout d’abord, l’herbe possède une remarquable capacité de survie. Pendant les sécheresses, ces plaques d’herbes brunes qui semblent mortes sont tout simplement en dormance jusqu’à ce que les prochaines grandes pluies leur redonnent leur couleur verte resplendissante.

Durant les journées chaudes, les pelouses expulsent l’humidité présente dans l’air pour refroidir les environnements urbains.  Elles agissent également comme des éponges qui retiennent l’humidité après de fortes pluies pour ensuite la libérer lentement au profit des arbres et autres plantes qui poussent à proximité. Elles ont également la capacité de retenir et de filtrer les polluants.

« C’est une des plantes les plus exceptionnelles de la planète », affirme M. Brownbridge.

Mais tous les grands ont aussi des ennemis. Pour l’herbe, cela inclut la punaise velue et le hanneton européen (ver blanc).

Michael Brownbridge

Heureusement, Michael Brownbridge, le directeur de la recherche sur les systèmes de production horticoles du Vineland Research and Innovation Centre, a trouvé des solutions pour obtenir un gazon plus vert et exempt de parasites – des deux côtés de la clôture.

Ses recherches ont été entreprises il y a sept ans alors que le gouvernement provincial proposait d’interdire l’utilisation de pesticides à des fins esthétiques et que l’industrie du gazon était à la recherche de nouveaux produits antiparasitaires.

Les recherches de M. Brownbridge ont permis de constater que des agents non toxiques, dont les nématodes et les régulateurs biologiques, peuvent fonctionner, mais pas nécessairement pour répondre au besoin de l’industrie.  Il a donc commencé à étudier les variétés d’herbe pouvant mieux résister aux parasites et s’adapter à notre environnement changeant.

M. Brownbridge a découvert de nouvelles variétés de fétuques et d’ivraies dotées de systèmes racinaires ayant une capacité de rétention de l’humidité et des nutriments plus efficace, qui nécessitent moins d’eau pour se développer, et dont l’aspect est aussi attrayant que le traditionnel pâturin des prés.

Mieux encore, certaines nouvelles variétés contiennent des microbes appelés endophytes qui produisent des déchets qui sont toxiques ou indigestes pour la punaise velue et le ver blanc.  Les endophytes rendent l’herbe encore plus résistante en période de stress, notamment lors d’une sécheresse.

Les graminées n’ont pas besoin d’être parfaites pour repousser les insectes nuisibles, note-t-il. Leur rôle est d’atténuer les infestations et de laisser les méthodes de lutte contre les parasites mises en place faire le reste; par exemple, M. Brownbridge et son équipe ont constaté que l’application de certaines espèces de nématodes au début de l’automne plutôt qu’au printemps réduisait de moitié l’infestation de vers blancs.

Les chercheurs de Vineland étudient de nouvelles variétés d’herbe dans des gazonnières situées à Hamilton et à Wainfleet.  Des pelouses – même celles déjà existantes – peuvent également être semées avec ces nouvelles variétés à croissance rapide.

« Nous calculons que si votre pelouse est composée de plus de 20 pour cent de ces herbes, vous aurez la présence de certains de ces insectes dissuasifs », dit-il.

Le plus grand avantage de ces recherches n’est pas d’obtenir un beau tapis verdoyant, mais plutôt d’avoir un gazon plus durable et qui exige moins d’intrants.

« La pelouse est une composante vivante et fonctionnelle de l’environnement qui fournit un bon apport en oxygène. Si nous adoptons une approche différente à son égard et si nous en prenons soin – sans pour autant en faire trop – celle-ci peut jouer un rôle clé dans notre environnement », conclut-il.

Images: Vineland Research and Innovation Centre