Des gombos produits localement pourraient bientôt être offerts au Canada

okra - webPar Kelly Daynard pour AgInnovation Ontario

Vineland – Il n’est nul secret qu’une population ethnique croissante de Canadiens montre une préférence pour des aliments de leur pays d’origine. Pour les agriculteurs, ce constat s’accompagne de débouchés uniques pour la production de cultures n’étant pas traditionnellement produites ici.

Le gombo (okra) est l’une de ces cultures.

Plus de six millions de kilogrammes de gombo sont importés au Canada chaque année et la demande ne cesse de grimper. L’Inde est le premier producteur de gombo, représentant plus de 70 % de la production mondiale. D’autres importants producteurs sont le Nigeria, le Soudan, l’Iraq et le Pakistan.

Les États-Unis figurent au 20e rang des producteurs, n’assurant que 0,1 % de la production mondiale. Le gombo y est cultivé dans certains États du sud dont la Floride, le Texas et la Louisiane, où il sert à préparer les fameux ragoûts de gombos. Comme il s’agit d’un légume subtropical qui prospère dans des climats chauds et secs, le Canada n’a pas toujours été l’endroit le plus logique pour sa production.

Viliam Zvalo est un chercheur scientifique en production de légumes au Centre de recherche et d’innovation de Vineland (Centre de Vineland). Originaire de la Slovaquie, il s’est joint à l’équipe en 2014 avec le mandat d’étudier les possibilités de production de cultures exotiques par les agriculteurs canadiens.seedlings - webLes plus grandes difficultés que présente la culture du gombo au Canada sont la courte saison de croissance et les besoins en main-d’œuvre. Pendant la saison des récoltes, les plantes doivent être récoltées chaque jour afin de laisser aux cosses immatures du temps et de l’espace pour pousser, ce qui exige de mobiliser un grand nombre d’effectifs.

Pour optimiser le potentiel de rendement de la culture et maximiser la période de croissance, les semences sont semées en serre, puis les semis sont transplantés dans des champs recouverts de paillis de plastique noir afin de retenir plus de chaleur près des plantes. L’espacement entre les plantes est critique – plus elles sont éloignées les unes des autres, plus leur rendement sera élevé.

Jusqu’à présent, les essais de cultures ont démontré que trois variétés particulières – Lucky Green, Elisa et Jambalaya – sont mieux adaptées au climat canadien.

L’an dernier, 22 producteurs ont mis en place de petites parcelles d’essai à divers endroits au Canada, de la Nouvelle-Écosse à la Colombie-Britannique. Les résultats se sont avérés similaires dans l’ensemble des régions. Cette année, ce nombre de producteurs augmentera à près de 30 au Canada.okra plant - webLes producteurs, les chercheurs et les détaillants sont optimistes quant aux résultats obtenus jusqu’à maintenant, et les travaux suscitent une attention internationale.

Récemment, une entreprise indienne a contacté M. Zvalo pour lui proposer des semences d’une variété tardive à mettre à l’essai au Canada par le Centre de Vineland.

« Une telle attention nous aidera dans notre recherche des meilleures variétés », souligne M. Zvalo.

« Le gombo est une culture intéressante. Quoique particulièrement complexe, elle présente un grand potentiel », ajoute-t-il.

Il conclut : « Il suffit de trouver les bonnes variétés, le bon endroit et les bons acheteurs. »

Le projet est en partie financé par Cultivons l’avenir 2, une initiative fédérale, provinciale et territoriale. Le Conseil de l’adaptation agricole contribue à l’exécution de Cultivons l’avenir 2 en Ontario.

Images: AgInnovation Ontario and Vineland Research and Innovation Centre