Des attaches biodégradables diminuent l’utilisation de plastique dans les serres

Par Lisa McLean

Guelph – Le secteur serricole de l’Ontario a réalisé des progrès technologiques considérables en gestion de l’eau, des nutriments et de l’énergie pour assurer une production à haut rendement à longueur d’année pour des cultures comme les tomates, les poivrons, les herbes, les petits fruits et une grande variété de légumes verts.

Pourtant, malgré son bilan environnemental positif, le secteur demeure un grand utilisateur de plastique, surtout sous forme de petites attaches qui soutiennent les plantes de tomates dans la serre. Ces attaches font partie intégrante de la production de tomates de serre, mais elles finissent souvent dans les sites d’enfouissement parce qu’elles peuvent contenir des résidus de tiges et de branches.

À présent, de nouvelles recherches menées à l’Université de Guelph visent à remplacer les attaches en plastique par des attaches biodégradables d’origine végétale, ce qui faciliterait le compostage des tiges et des branches des tomates et d’autres cultures à la fin de leur cycle de vie, réduirait la quantité de déchets dans les sites d’enfouissement et diminuerait l’empreinte carbone du secteur serricole.

« À l’heure actuelle, ces structures de soutien sont fabriquées principalement en polypropylène, mais il s’agit d’un plastique dérivé du pétrole qui est non renouvelable et non biodégradable », explique Manjusri Misra, professeure aux départements de génie biologique et d’agriculture végétale de l’Université de Guelph. 

« À la fin d’une saison de croissance, lorsque les cultures sont récoltées dans la serre et que les plantes sont retirées en vue de la prochaine saison, les plastiques en polypropylène contaminent les déchets organiques qui sont recueillis pour le compostage », dit-elle.

Ainsi, les ouvriers de serre doivent séparer les petites pièces en plastique des déchets végétaux, mais ce processus est fastidieux et peu pratique, selon la professeure, en plus d’être physiquement et financièrement difficile à gérer pour les producteurs serricoles.

Pour résoudre ce problème, l’équipe de Mme Misra travaille à concevoir des attaches similaires qui peuvent être compostées avec la plante, en utilisant des composants en plastique fabriqués à partir de matières d’origine biologique et renouvelables. Elle a commencé par des attaches pour les plantes de tomates.

« Nos attaches sont fabriquées à partir d’une nouvelle résine biocomposite composée de plastiques biodégradables et de résidus agricoles, comme les écales de soya ou les écales d’avoine », explique Mme Misra. « La résine doit avoir la même forme et la même fonction que le plastique traditionnel, à un prix concurrentiel. »

À ce jour, l’équipe de chercheurs a mis au point des résines entièrement compostables grâce à un procédé minutieux et a réussi à fabriquer des prototypes d’attaches pour les plantes de tomates en partenariat avec l’entreprise Competitive Green Technologies de Leamington.

Selon Statistique Canada, la production de tomates de serre au Canada s’est établie à plus de 276 000 tonnes métriques en 2016, et l’Ontario est le plus grand producteur de tomates de serre au pays.

« Les attaches pour les plantes de tomates semblaient être un point de départ logique », affirme Amar Mohanty, directeur du Centre de découverte et de développement de bioproduits de l’Université de Guelph et professeur de génie et d’agriculture végétale.

Pour la suite des choses, l’équipe de Mme Misra se concentrera à optimiser la formule pour atteindre le meilleur équilibre possible entre le coût et le rendement afin d’offrir un produit concurrentiel destiné à réussir sur le marché.

Ce projet reçoit des fonds du programme Gryphon’s Leading to Accelerated Adoption of Innovative Research lancé à l’Université de Guelph en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, ainsi que d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et de Competitive Green Technologies.

Image: AgInnovation Ontario