De nouvelles variétés de fruits tendres de l’Ontario se révèlent prometteuses

Par Lilian Schaer

Vineland (Ontario) – Cinq nouvelles variétés de fruits tendres actuellement à l’essai au Vineland Research and Innovation Centre (Vineland) se révèlent prometteuses et se rapprochent d’une mise sur le marché.

Le Tender Fruit Evaluation Committee (comité d’évaluation des fruits tendres), mis sur pied en 2012 et composé de producteurs, de pépinières, de négociants de fruits et de détaillants, a retenu deux variétés de pêchers et deux variétés d’abricotiers ainsi qu’une variété de pruniers jaune comme celles offrant le plus grand potentiel parmi quelque 30 sélections faisant partie d’un nouveau projet quinquennal de développement des variétés.

Depuis 2014, plus de 2 000 pêchers, nectariniers, poiriers, pruniers et abricotiers ont été plantés sur 18 sites de production commerciale en Ontario. Le Vineland avait obtenu ces arbres dans le cadre de contrats de licence avec l’Université de Guelph et d’anciens programmes de sélection mis en place par Agriculture et Agroalimentaire Canada.

« Nous voyons des variétés intéressantes. Les essais sur place dans les vergers des producteurs commerciaux nous ont permis de constater que les variétés résistent aux conditions climatiques et que la qualité des fruits est bonne, nous permettant ainsi d’entreprendre de nouveaux essais au cours des prochaines années », mentionne Michael Kauzlaric, agent de prospection en technologie et aide aux producteurs de Vineland. « Nous plantons des arbres chaque année depuis 2014, et nous espérons réaliser d’autres évaluations en 2018 pour renforcer l’idée que ces variétés ont du mérite. »

La sélection de nouvelles variétés de fruits tendres prend de nombreuses années, et parce que la région de Niagara est une zone de quarantaine pour le virus de la sharka, une maladie virale dévastatrice des fruits à noyau, le processus de production de matériel végétal exempt de virus ajoute quatre années supplémentaires à toute initiative d’innovation.

M. Kauzlaric explique qu’une nouvelle entente permet au comité d’évaluation de mener ses tests parallèlement avec le travail de « nettoyage » du matériel végétal, et d’ainsi accélérer la mise en marché de nouvelles variétés. Les critères d’évaluation comprennent la rusticité, le moment de la récolte pour combler les lacunes sur le marché, la capacité de remplacer des variétés plus anciennes, la tolérance et/ou la résistance aux maladies, ainsi que la couleur, la texture, la saveur et la douceur du fruit.

« Il peut s’écouler jusqu’à huit ans avant que les fruits commerciaux ne passent du laboratoire au commerce de détail. Ce délai s’élevait auparavant à 12 ans, alors nous espérons le raccourcir encore davantage en accélérant le processus d’identification et de nettoyage du virus », souligne-t-il.

On estime que des quantités commerciales de ces cinq variétés prometteuses seront mises à la disposition des producteurs d’ici 2020. Cela signifie que les premiers fruits pourraient se trouver sur le marché d’ici 2023.

Parmi les autres points saillants de la saison 2017, mentionnons les premières évaluations de fruits d’abricotiers, qui donnent un fruit bien lavé de rouge et une période de récolte tardive qui prolonge la saison, et d’une variété hybride de prunier-cerisier d’Australie.

L’initiative de recherche bénéficie de contributions financières des organismes agricoles Ontario Tender Fruit Growers et Ontario Fresh Grape Growers. Ce projet a été en partie financé par le programme Agri-innovation de Cultivons l’avenir 2, une initiative fédérale-provinciale-territoriale.

Image: Vineland Research & Innovation Centre