De meilleurs aliments grâce à une meilleure communication des données

Par Lilian Schaer

Guelph  – L’avènement de la technologie agricole de précision et de l’Internet des objets (IdO) permet aujourd’hui de recueillir de grandes quantités de données dans les exploitations agricoles du Canada.

En fait, de nombreux types d’outils, d’équipements et d’appareils recueillent des données sur tout, du rendement des cultures au nombre de pas qu’un animal fait par jour. Cependant, la plupart de ces données sont sous-utilisées parce qu’elles sont recueillies par des systèmes qui ne communiquent pas ou qui ne peuvent pas communiquer entre eux.

La nécessité d’améliorer la prise de décisions dans les exploitations agricoles en utilisant mieux les données a entraîné l’Ontario Precision Agri-Food (OPAF), un partenariat d’organisations agricoles dirigé par l’Ontario Agri-Food Technologies (OAFT) qui travaille actuellement à la mise au point d’une plateforme ouverte d’innovation agroalimentaire pour recueillir et transmettre des données.

Selon Karen Hand, directrice principale de Precision Strategic Solutions, l’objectif est de recueillir les données, peu importe où elles se trouvent (tant celles des dépôts de données de l’industrie et du gouvernement que celles générées par d’innombrables capteurs), pour les mettre à profit dans d’importants dossiers liés à la production alimentaire, comme la salubrité des aliments, la traçabilité et le contrôle des maladies végétales et animales.

Par exemple, de nombreuses personnes et organisations différentes, y compris des chercheurs universitaires et gouvernementaux, des conseillers en matière de cultures, des fournisseurs d’intrants, des agriculteurs, possèdent de l’information sur la prévalence d’insectes ravageurs, comme les vers gris qui endommagent les cultures de soya, et les façons de lutter contre ceux-ci.

« Il n’existe aucun endroit particulier – aucun système solide qui soit fondé sur des données scientifiques – où accéder à toute l’information sur un organisme nuisible quelconque pour éclairer la prise de décisions. C’est là que la plateforme de l’OPAF nous sera utile », souligne Mme Hand.

Des projets pilotes sont en cours auprès de producteurs de céréales, de produits laitiers et de volailles de l’Ontario pour déterminer les besoins dans des domaines tels la protection des cultures, la durabilité et la salubrité des aliments et comment l’OPAF peut fournir des solutions fondées sur des données dont les agriculteurs pourront profiter.

« Nous discutons avec des agriculteurs, des conseillers, des représentants d’associations et de gouvernements ainsi que des chercheurs pour savoir quelles données ils possèdent, où elles se trouvent et quelle valeur ou quel avantage cela apporterait aux participants si nous pouvions les interconnecter, qu’elles soient propres aux produits qu’ils produisent ou à des enjeux d’ordre alimentaire plus importants, comme la salubrité des aliments ou les incidences sur les activités commerciales », explique‑t‑elle.

Les efforts de l’OPAF sont reconnus à l’échelle internationale. Plus tôt cette année, Internet of Food and Farm 2020, un important projet de l’Union européenne qui explore le potentiel des technologies de l’IdO dans les secteurs européens de l’alimentation et de l’agriculture, a reconnu l’OPAF comme l’un des trois projets mondiaux avec lesquels collaborer.

« Ce projet viendra révolutionner la capacité d’utiliser les données au Canada et aura des retombées à l’échelle mondiale », affirme Tyler Whale de l’OAFT. « Nous créons actuellement une plateforme qui sera la base de quelque chose de nouveau et, bien que nous mettions cette plateforme à l’essai en Ontario, elle sera accessible partout au pays à ceux qui veulent l’utiliser. »

Parmi les partenaires de l’OPAF figurent l’OAFT, l’Université de Guelph, l’Université de Waterloo, le Collège Niagara, le Vineland Research and Innovation Centre, la Livestock Research Innovation Corporation, l’Ontario Fruit and Vegetable Growers Association, Grain Farmers of Ontario, l’Ontario Federation of Agriculture, Financement agricole Canada, l’Ontario Agri-Business Association, Bioindustrial Innovation Canada, et la Golden Horseshoe Farm and Food Alliance.

Le projet a été financé par Cultivons l’avenir 2, une initiative fédérale, provinciale et territoriale. Le Conseil de l’adaptation agricole contribue à l’exécution de Cultivons l’avenir 2 en Ontario.

Image: Lilian Schaer, AgInnovation Ontario