Cultiver de nouvelles variétés de fruits à partir d’anciens favoris ontariens

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Les abricots « Harostar » à Vineland

La disponibilité de fruits frais ontariens comme les pêches est un véritable signe de l’été.

Stimulés par le mouvement « achetez des produits d’ici », les consommateurs et les détaillants souhaitent avoir plus souvent des produits de l’Ontario.

Cela sera prochainement possible grâce à un projet en cours au Centre de recherche et d’innovation de Vineland (Vineland).

Michael Kauzlaric, agent de prospection en technologie et aide aux producteurs de Vineland.

Les variétés de pêches, de nectarines, d’abricots, de poires et de prunes développées au fil des ans par le biais des programmes d’amélioration génétique d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et l’Université de Guelph sont en cours d’évaluation de manière à trouver les meilleures variétés qui répondront aux préférences des consommateurs.

« Nous essayons de combler les lacunes dans la fenêtre de récolte de manière à avoir une saison continue et par le fait même, voir s’il y a des variétés de fruits plus tendres qui sont meilleurs que ceux actuellement cultivés, qui ont meilleur goût ou qui sont plus résistants ou plus faciles à cultiver par les producteurs », explique Michael Kauzlaric, agent de prospection en technologie et aide aux producteurs de Vineland.

Pour atteindre cet objectif, le comité d’évaluation des fruits tendres (Tender Fruit Evaluation Committee) a été fondé en 2011 pour réunir les agriculteurs, les pépinières et les détaillants avec les sélectionneurs de fruits de Vineland et de l’Université de Guelph pour leur fournir des conseils sur les variétés qui devraient être mis sur le marché.

« Nous cherchons de nouvelles sélections génétiques d’anciennes variétés de fruits et maintenant, la décision finale ne revient pas uniquement au phytogénéticien. Notre comité a déjà passé en revue plusieurs sélections », indique-t-il.

Les 600 premiers arbres en essais, composés de deux variétés de pêchers et deux variétés de nectariniers, furent propagés en 2012 et plantés en 2014 sur des fermes commerciales. Quatre autres variétés, deux de pêchers et deux de nectariniers, seront plantées cette année.

Nectarine Harblaze - 2 web

Les nectarines « Harblaze »

Des variétés additionnelles de nectariniers sont également prévues pour 2016; Vineland espère que les abricotiers et les pruniers en essais soient prêts pour la plantation en 2017.

Cela pourrait prendre jusqu’à cinq ans avant d’être en mesure de certifier si une variété a du mérite en ce qui a trait à la qualité du fruit et au rendement de l’arbre. Par conséquent, les premiers fruits pour le commerce provenant d’arbres plantés en 2014 sont prévus pour l’année 2019.

Des prunes

« Lors de promenades dans des vergers, nous passons en revue, annuellement, plus de 30 sélections. Une dégustation de quatre à huit sélections prend place chaque semaine à partir de la mi-juillet jusqu’à la Fête du Travail », explique M. Kauzlaric. « Si une variété suscite un WOW, nous ferons bourgeonner des arbres en 2015 et planterons des arbres en essais sur des fermes commerciales en 2017. »

Michael Kauzlaric à Vineland

Jusqu’à présent, environ 100 sélections ont été examinées par le biais de ce projet; environ 25 sélections de pêches, de prunes, d’abricots, de nectarines et de poires sont prometteuses et progresseront à d’autres essais.

Kauzlaric ajoute que les pêches ont toujours dominé le marché local. Par conséquent, les superficies en acres de prunes, de nectarines et d’abricots en Ontario sont moins importantes que celles des pêches.

Les sélections actuellement proposées pourraient être un bon moyen pour les producteurs de fruits tendres de diversifier leurs cultures.

Jusqu’à présent, les producteurs ont eu un vif intérêt pour ce projet; le but ultime de Vineland est d’étendre ces variétés à travers le Canada.

Puisque Vineland se trouve dans une zone réglementée pour la vérole du prunier (sharka), une maladie dévastatrice pour les arbres fruitiers, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ne permet pas la propagation à l’intérieur de cette zone.

Avant que le bois de greffe propre puisse être distribué à travers le Canada pour propagation, les matières végétales doivent être acheminées de Vineland au laboratoire de l’ACIA, sur l’île de Vancouver, pour y être testées pour la présence de virus. La période d’essai peut prendre jusqu’à quatre ans.

Selon M. Kauzlaric, l’appui de l’ACIA a permis au comité d’évaluation de mener ses tests parallèlement avec le travail en laboratoire de l’agence, réduisant le laps de temps requis pour lancer de nouvelles variétés sur le marché.

Les producteurs commerciaux intéressés à participer à des essais futurs sur ferme de nouvelles variétés devraient contacter M. Kauzlaric au 905-562-0320, poste 755 ou par courriel à Michael.kauzlaric@vinelandresearch.com.

Le nouveau projet de développement des variétés est appuyé par Cultivons l’avenir 2, une initiative fédérale-provinciale-territoriale, par l’entremise du programme AgriInnovation.