Bac de compostage intelligent transpose les déchets alimentaires en dollars

Sustain a bin - web

Equipe Sustain A Bin de l’Université de Guelph: Lauren Jans, Nic Durish, Aftab Ahmad et Justin Gruber

De nos jours, trop d’aliments sont gaspillés et un groupe d’étudiants de l’Université de Guelph (UG) s’affaire à trouver une solution pour résoudre ce problème.

Les étudiants ont inventé un bac de compostage « intelligent » visant à sensibiliser davantage les consommateurs face aux déchets alimentaires en attribuant une valeur monétaire aux aliments qu’ils jettent au rebut.

L’étudiante en science alimentaire Lauren Jans et les étudiants en informatique Justin Gruber, Aftab Ahmad et Nic Durish ont présenté leur concept – désormais appelé « Sustain-A-Bin » – lors de la compétition Pitch for Progress tenue l’hiver dernier à Guelph dans le cadre du 10e congrès annuel Universities Fighting World Hunger (universités qui luttent contre la faim dans le monde).

Ils ont remporté la compétition.

« Sustain-A-Bin est un bac de compostage intelligent doté de la technologie Wi-Fi qui permet de mesurer le poids de ce qui est mis au rebut; le bac affiche le poids, le volume et le coût des aliments mis au rebut », explique Gruber, un étudiant de quatrième année en génie logiciel d’Oakville. « Trente pour cent de ce qui se trouve à la décharge est de la nourriture. Alors, si nous prévenons les gens de mettre au rebut une telle quantité d’aliments, nous réduirons ce qui se retrouve à la décharge. »

Le concept pourrait très bien fonctionner sur un campus, où la nourriture vendue dans les restaurants et les salles à manger a une valeur monétaire similaire établie par gramme, ou dans des établissements comme les hôpitaux ou les établissements de soins prolongés.

Le bac télécharge continuellement les données recueillies concernant les déchets, permettant aux utilisateurs de se connecter à un site Web et suivre les résultats. Les analyses pourraient permettre de déterminer quels jours ou quels produits ont les taux les plus élevés; cela pourrait entraîner des changements par rapport aux déchets ou à la réduction des coûts dans l’achat d’aliments ou de la préparation, en plus de l’élimination des déchets.

Dans le cadre de leur projet, les étudiants ont constaté que 95 pour cent des rebuts provenant des salles à manger de l’Université de Guelph se composent de nourriture, et présentement, le campus n’offre aucun bac de compostage pour les déchets alimentaires.

« L’université engage des frais pour chaque sac d’ordures envoyé à la décharge. Alors, si nous réduisons les déchets sur le campus cela signifie des économies pour l’université », indique l’étudiante de quatrième année Jans de la région de Sarnia.

Le groupe a vu le jour lors du concours Nourrir 9 milliards d’hommes : un hackathon portant sur les déchets alimentaires tenu à l’université l’automne dernier. Le hackathon est un concept assez courant dans le domaine du génie informatique où les participants se réunissent pour construire un prototype dans un court laps de temps.

Bien qu’ils travaillent dans trois équipes indépendantes, ils finissent tous par construire des concepts similaires; trois des quatre membres du groupe ont terminé parmi les trois premiers.

« Nous nous sommes rencontrés après le hackathon et nous avons décidé de continuer de travailler ensemble. Les juges du hackathon ont cru que nous avions une assez bonne idée », indique-t-elle.

Ce semestre, les quatre se sont joints au Ideas Congress (ICON) de manière à pouvoir poursuivre le développement de leur concept et en même temps recevoir des crédits. ICON est un cours pilote de premier cycle impliquant quatorze disciplines provenant de quatre collèges.

Le prix monétaire qu’ils ont remporté lors du hackathon et du Pitch for Progress, sert à poursuivre le développement et les essais du prototype sur le campus.

Jans recevra son diplôme au printemps, Gruber a un autre semestre à faire et les autres membres du groupe, Ahmad et Durish, ont une autre année et ils prévoient continuer à travailler sur le projet.

Les quatre étudiants attribuent au professeur Dan Gillis le mérite de les avoir appuyés et encouragés à prendre part à diverses compétitions, y compris le Projet élévateur, une initiative de la ville de Guelph servant à rapprocher les innovateurs avec les mentors, les investisseurs et le soutien. Les résultats de ce projet devraient être annoncés ce printemps.

« Assurer la durabilité alimentaire est à la tendance et cela est un énorme problème de la ferme au consommateur. Si nous pouvons faire une différence à n’importe quel niveau, cela aide », indique Jans.