Agriculture de grande valeur : Est-ce que l’avenir de l’agriculture est mesuré en composant?

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Amidon de blé


Par Lyndsey Smith, pour AgInnovation Ontario

Ottawa – Si on y réfléchit bien, les agriculteurs ne cultivent pas que du grain ou n’élèvent pas le bétail seulement pour de la viande.

En réalité, ils produisent trois choses : des protéines, des glucides et des matières grasses. Heureusement, les humains en ont besoin, en quantités variables, pour leur nutrition.

Si nous regardons de plus près l’une de ces trois choses, la protéine, nous découvrons que ce composant alimentaire particulier est beaucoup plus qu’un steak ou la partie d’un grain.

Les protéines sont en fait étonnantes, elles peuvent être des enzymes, elles peuvent être utilisées pour promouvoir la santé et même utilisées en médecine. L’insuline est une protéine. La lactoferrine est une protéine. Les humains ont besoin de protéines, non seulement comme nutrition sous forme d’acides aminés hydrolysés, mais également pour la santé comme protéines thérapeutiques.

Dr. Altosaar

Dr. Altosaar, Université d’Ottawa

Le Dr Illimar Altosaar est le président-directeur général et fondateur de Proteins Easy Corporation.

À partir du Département de biochimie, microbiologie et immunologie de l’Université d’Ottawa, le Dr Altosaar brevète ses moments « oh, oh » en matière de transferts génétiques utiles en grains, depuis les 15 dernières années.

Récemment, son équipe a commencé à raffiner une technique très prometteuse qui consiste à agrafer des protéines spécifiques à la surface des granules d’amidon de maïs et de riz et, bientôt, le blé dur.

Le Dr Altosaar explique que les scientifiques ont eu un succès limité dans la création de protéines en laboratoire.

Quelques courtes chaînes d’acides aminés sont ce que les humains ont réussi à faire de mieux jusqu’à présent.

Toutefois, les plantes sont des usines à conception idéale pour la création de protéines, explique-t-il.

Ce que le Dr Altosaar et son équipe ont accompli, grâce à l’utilisation de la biotechnologie, est de créer un moyen que la plante produise une protéine particulière et agrafer celle-ci ou la « peindre » à la surface d’un granule d’amidon.

L’agrafage à une granule d’amidon par opposition à une protéine exprimée sur une plante signifie que la collecte et le raffinage de la protéine, tant recherchée, peuvent être atteints à l’aide de procédés à faible exigence en termes de ressources.

Cela est important, explique le Dr Altosaar, tandis que nous envisageons la question de la viabilité du cycle de vie des systèmes de production plus écologique. Lorsque le grain est récolté, l’amidon est extrait par l’utilisation d’un broyage à sec, une classification par l’air (différenciation de la taille) et pour terminer, l’étape d’une fission à sec pour séparer la protéine d’intérêt.

Éventuellement, pourrions-nous en arriver à un point où les docteurs pourront choisir une protéine isolée sur l’étagère, comme nous le faisons avec les médicaments sur ordonnance ou les suppléments vitaminiques? Pour le Dr Altosaar, il s’agit bien d’une possibilité, même d’une probabilité, et il voit une valeur significative pour les agriculteurs canadiens dans ce nouveau flux de production.

Le Dr Altosaar envisage une transition pour la marchandise de grains en vrac déplacée sur de grandes distances à des composants précis qui se déplaceront.

Il demande : « Si vous regardez un wagon-trémie découvert chargé de grains, quelle quantité de grains est de l’amidon et de la protéine? Environ 12 Mt de 100 MT. Toutefois, nous déplaçons l’intégralité du volume, alors que nous ne recherchons que le composant. »

Le Dr Altosaar demande : « Si nous accordons de l’importance à la protéine, quelle valeur y aurait-il dans les protéines spécifiques d’utilisation finale? »

Comme la demande de protéines pour des aliments et des protéines spécifiques augmente, est-ce que les agriculteurs, les gardiens de ces usines formidables connues comme cultures céréalières, pourraient ajouter une valeur significative à leur exploitation?

Le Dr Altosaar le croit.

« L’agriculture moderne, l’avenir de l’agriculture, est un produit de grande valeur », dit-il, et cela va bien au-delà de la nourriture, des ingrédients médicamenteux, des enzymes industrielles et plus. Maintenant, ils peuvent tous être conçus par des usines qui utilisent du carbone et que les agriculteurs cultivent dans leurs champs chaque année.

Images: Illimar Altosaar, University of Ottawa

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