De petites particules de sucre ouvrent de nouveaux marchés pour le maïs sucré de l’Ontario

John Dutcher for Mirexus

Le Prof. John Dutcher – photo par Martin Schwalbe

Par Jeanine Moyer pour AgInnovation Ontario

Guelph, Ontario – Les minuscules particules de sucre que l’on trouve dans le maïs sucré pourraient être le nouveau trésor caché de l’agriculture de l’Ontario.

Des chercheurs de l’Université de Guelph ont découvert récemment ces « nanoparticules » microscopiques, qui peuvent avoir de nombreuses applications révolutionnaires.

Les nanoparticules sont constituées d’un grand nombre de molécules de sucre étroitement liées les unes aux autres qui possèdent des propriétés prodigieuses comme une rétention d’eau extraordinairement élevée, une faible viscosité et une stabilité exceptionnelle dans l’eau, à la différence de toute autre particule naturelle découverte jusqu’ici.

Ces nanoparticules existent depuis des siècles, soit depuis qu’on a mis au point des variétés de maïs sucré dans les années 1700, mais elles viennent tout juste d’être isolées et caractérisées par l’équipe de l’Université de Guelph dirigée par le professeur de physique et titulaire d’une Chaire de recherche du Canada, M. John Dutcher.

Chacune de ces particules de sucre d’origine naturelle a un diamètre qui correspond à un millième de celui d’un cheveu humain, et les recherches menées au laboratoire de M. Dutcher montrent que la structure particulière de ces particules leur permet de s’agripper à l’eau, ou à l’humidité, d’une manière encore plus efficace que toute autre particule naturelle ou synthétique.

Cette propriété, ainsi que d’autres propriétés uniques de ces particules, pourrait mener à de nouvelles applications dans les secteurs des cosmétiques, des produits pharmaceutiques, des aliments et des produits nutraceutiques.

« Ces particules se trouvent à l’état naturel dans le maïs sucré, mais nous venons tout juste de réussir à les isoler et à les caractériser grâce à de nouvelles avancées technologiques », explique M. Dutcher. « Même si notre découverte est récente, le fait est que les gens consomment ces nanoparticules depuis des siècles, alors nous avons la certitude qu’elles sont sans danger. »

L’équipe de recherche de M. Dutcher s’emploie à tester les propriétés de ces particules ainsi que leurs applications illimitées.

« Nous avons découvert que ces particules peuvent servir d’hydratant dans les crèmes cosmétiques, qu’elles peuvent être intégrées dans les écrans solaires naturels pour accroître le facteur de protection solaire et qu’elles peuvent être utilisées comme source d’énergie unique dans les boissons sportives, pour ne donner que quelques exemples », expose M. Dutcher. « De plus, il existe une multitude d’autres façons d’utiliser ces particules naturelles pour améliorer des produits existants et pour en mettre au point de nouveaux. »

Ayant déjà mis au point un produit éprouvé et cerné d’innombrables applications, M. Dutcher et son équipe ont fondé leur propre entreprise, Mirexus, qui se concentre sur les applications commerciales et la commercialisation des nanoparticules.

Mirexus commercialise les particules du maïs sucré sous l’appellation de PhytospherixMC et les présente comme des ingrédients de haute valeur qui permettent d’améliorer des produits existants et d’en créer de nouveaux dans les secteurs des cosmétiques, des produits nutraceutiques et des produits pharmaceutiques.

« PhytospherixMC procurera aux entreprises un avantage concurrentiel sur le marché en offrant des propriétés améliorées et des débouchés en matière de développement de produits nouveaux », indique M. Dutcher, qui explique que Mirexus collabore avec d’autres entreprises à la mise au point de produits.

Par ailleurs, Mirexus poursuit ses recherches en modifiant les nanoparticules et en explorant d’autres applications.

Le financement provenant du programme Gryphon’s LAAIR (Leading to Accelerated Adoption of Innovative Research) du MAAARO et de l’Université de Guelph a permis à M. Dutcher d’élaborer des ressources en matière de ventes et de marketing pour soutenir la commercialisation de PhytospherixMC.

Le programme Gryphon’s LAAIR est appuyé par l’initiative fédérale-provinciale-territoriale Cultivons l’avenir 2.

« Le financement provenant du programme Gryphon’s LAAIR nous a aidés de façon indéniable à accélérer la commercialisation de cette technologie et à obtenir un investissement récent de 4,5 millions de dollars pour Mirexus. Cette aide financière établit les bases d’un avenir prometteur pour les minuscules particules de sucre », lance M. Dutcher. « Le maïs sucré de l’Ontario n’est plus qu’un simple produit; il deviendra l’élément de base de nouveaux produits de haute technologie qui feront passer l’agriculture à l’échelon supérieur. »

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